LE VRAI CALENDRIER DU CORAN N’EST PAS LE CALENDRIER LUNAIRE PUR HÉGIRIEN, MAIS LUNI-SOLAIRE !

INTRODUCTION

Le calendrier des Anciens Arabes existait déjà dans la péninsule arabique depuis des siècles avant l’arrivée de l’Islam, et c’est bien évidemment à ce calendrier que le Coran fait référence quand il parle du mois de Ramadan ou des 4 mois sacrés du Hajj, étant donné que c’était celui qui était en vigueur lors de sa révélation. Le calendrier des Anciens Arabes était luni-solaire, à savoir que ses mois étaient déterminés par la lune, mais qu’il était assujetti au cycle du soleil à travers l’ajout régulier de mois intercalaires. Etant donné que les deux cycles du soleil et de la lune ne correspondent pas : une révolution complète de la terre autour du soleil fait 365 jours, tandis que 12 mois lunaires font environ 354 jours, les Anciens Arabes se sont inspiré des Israélites, qui s’étaient eux-mêmes inspiré des Babyloniens, en leur empruntant l’ajout du mois intercalaire. Pour les Anciens Arabes, l’intérêt d’avoir un calendrier synchronisé avec les saisons était d’avoir les mois du Hajj tous les ans à peu près à la même période de l’année, car si tel n’était pas le cas, le Hajj pouvait alors tomber en pleine canicule d’été, ce qui le rendrait difficilement supportable et n’arrangerait pas leurs affaires. De plus, il est très difficile d’organiser longtemps à l’avance les différents événements régissant la vie des hommes avec un calendrier qui se décale au fil du temps, sachant que la plupart de ces événements sont fortement liés aux saisons. Pour maintenir leur calendrier synchronisé avec les saisons, les Anciens Arabes ajoutaient donc un treizième mois intercalaire, quand le décalage avec les saisons devenait trop grand, qu’ils appelaient “Nassi” et que les Israélites appelaient “Veadar”.

LE CYCLE MÉTONIQUE

À l’origine, les Juifs se basaient sur l’état de maturation de l’orge, l’Aviv, pour déterminer l’ajout du treizième mois intercalaire : Si l’orge n’était pas assez mûr au mois de Nisan (correspondant à Mars-Avril), 1er mois du calendrier hébraïque, un 13ème mois appelé Veadar (Second Adar) était intercalé après le 12ème mois (Adar). Cette pratique nous est confirmée par cette citation du Rabbin Gamaliel, vers l’an 100 de notre ère, qui écrivait aux communautés juives de Babylonie : « Nous vous informons que les agneaux sont encore trop tendres et les poulets trop petits; le grain n’est pas mûr. Aussi nous a-t-il semblé bon, à moi et à mes collègues du Sanhédrin, d’ajouter trente jours à cette année. »

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L’ajout du mois intercalaire dans le calendrier hébraïque a continué de suivre la règle de l’Aviv, et est donc demeuré irrégulier, jusqu’au 4ème siècle av. J.-C., période à partir de laquelle les Israélites avaient décidé de s’inspirer des Babyloniens, qui ajoutaient le mois intercalaire de façon régulière, suivant le cycle métonique, du nom du philosophe Méton d’Athènes, qui avait décrit ce cycle en 433 av. J.C., en se basant sur les connaissances astronomiques babyloniennes. En effet, les Babyloniens avaient observé que tous les 19 ans, les orbites du soleil et de la lune coïncidaient presque parfaitement, étant donné que la durée de 19 années tropiques est très proche de celle de 235 mois lunaires. Comme 19 années lunaires comptent 228 mois, il suffisait donc d’ajouter 7 mois, répartis de façon régulière sur une période de 19 ans, pour que les 2 cycles, celui du soleil et de la lune, demeurent plus ou moins synchronisés. Par conséquent, à partir du 4ème siècle av. J.-C., les Israélites sont passés à un ajout régulier du mois intercalaire, suivant le cycle métonique, procédant à son ajout les années 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19.

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Selon le cycle métonique, il faut 19 ans pour retrouver une coïncidence quasi parfaite entre les orbites du soleil et de la lune

La seule différence entre les calendriers juif et babylonien était que le mois intercalaire dans le calendrier juif était ajouté toujours à la même position, c’est à dire après le 12ème mois, tandis que dans le calendrier babylonien, il avançait d’un mois à chaque année dite “embolismique” (année de 13 mois : les 12 mois habituels + le mois intercalaire). Par exemple, si durant une année embolismique, le mois intercalaire était ajouté après le mois de Nisannu, à l’année embolismique suivante, il était ajouté après le mois suivant, à savoir après le mois d’Ayyaru, et ainsi de suite.

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Notez comme les noms des mois du calendrier babylonien sont très proches de ceux du calendrier hébraïque, ce qui confirme que les Israélites se sont inspiré des Babyloniens.

LE CALENDRIER DES ANCIENS ARABES

Les Anciens Arabes étaient fortement influencés par les Juifs, qui étaient notamment très présents au sein de leur aristocratie. Abou Ma’char raconte que les Anciens Arabes s’étaient inspiré des Juifs, en leur reprenant le cycle métonique pour l’ajout des mois intercalaires, mais qu’à partir de 358 ap. J.-C., des conflits commencèrent à voir le jour entre les 2 communautés, et les Arabes voulurent alors se démarquer des Juifs, en introduisant leurs propres règles. Les Anciens Arabes gardèrent le cycle métonique, consistant à ajouter 7 mois intercalaires sur une période de 19 ans, dans le but de maintenir leur calendrier synchronisé avec les saisons, excepté que leur ajout ne reposait plus sur une règle fixe, mais était désormais décidé par la tribu des Banou Kinanah. Ces derniers décrétaient, en fonction de la météo et de considérations purement militaires, politiques et économiques, quand cet ajout devait avoir lieu. Mais comme le cycle métonique était respecté, le calendrier des Anciens Arabes demeurait malgré tout synchronisé avec les saisons, et on peut le voir à travers le nom de ses mois, qui sont clairement rattachés aux saisons.

  1. Mouharram (mois sacré) : 3ème mois du “Grand Hajj” (qui a lieu en hiver et qui porte sur 3 mois).
  2. Safar (mois vide) : Les maisons des Anciens Arabes y étaient généralement vides, car c’était traditionnellement le mois où leurs caravanes commerciales faisaient route vers la Syrie et le Yémen.
  3. Rabi’ al-awwal (printemps premier)
  4. Rabi’ al-thani (printemps deuxième)
  5. Joumada al-awwal (premier mois de sécheresse)
  6. Joumada al-thâniyya (deuxième mois de sécheresse)
  7. Rajab (“mois révéré” selon le sens sémitique ou “mois du respect” selon le sens arabe) : Le mois du “Petit Hajj” (qui a lieu en été et qui dure seulement 1 mois).
  8. Shaʿbân (mois de la division/dispersion) : Les Anciens Arabes se dispersaient pour chercher de l’eau, car ce mois correspond à la fin de l’été, et donc au pic de sécheresse, ce qui fait que l’eau y était plus rare.
  9. Ramadan (mois des pluies fines ou des fortes chaleurs) : Mois correspondant à la fin de l’été et à l’apparition des premières pluies fines d’automne. Mois de jeûne pour les Anciens Arabes.
  10. Shawwâl (mois du tarissement) : A l’origine ce mois était le mois de la chasse pour les Anciens Arabes. Étymologiquement, le nom de ce mois fait référence aux chamelles qui mettent bas durant cette période, et qui deviennent donc plus maigres du fait qu’elles allaitent.
  11. Dhou al-Qa’da (le mois du repos) : 1er mois du “Grand Hajj”. Les Anciens Arabes y restaient généralement chez eux, pour se préparer à la haute saison du Hajj.
  12. Dhou al-Hijjah (mois du pèlerinage) :  2ème mois du “Grand Hajj”, qui correspond à la haute saison et au pic du Grand Hajj, étant donné qu’il se trouve en plein milieu de la période de 3 mois.

Grâce au calendrier luni-solaire, les 3 mois du Grand Hajj et le mois du Ramadan tombaient toujours durant la meilleure période de l’année en termes météorologiques. Pour le Grand Hajj, cela correspond à la saison d’hiver, quand le temps est modéré dans toute la péninsule Arabique, et pour le Ramadan, il intervient juste après l’été et au début de l’automne, quand les températures deviennent enfin respirables et que les premières pluies d’automne amènent de la fraîcheur. D’autant plus que cette période correspond à l’équinoxe d’automne, où partout sur terre, les températures sont tempérées et la durée du jour est à peu près égale à celle de la nuit.

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Autour de l’équinoxe d’automne, la durée du jour varie de 10 heures dans les régions proches du pôle nord (par exemple à Mourmansk en Russie) à environ 13 heures dans les régions proches du pôle sud (par exemple à Ushuaïa en Argentine). L’amplitude est donc faible, entre la région du monde où la journée est la plus longue et celle où elle est la plus courte. De plus, durant cette période, partout sur terre, les températures sont modérées, ce qui en fait la période idéale pour jeûner.

L’ABERRATION DU CALENDRIER ISLAMIQUE LUNAIRE PUR HÉGIRIEN

L’origine du calendrier remonte à l’Antiquité et tout calendrier digne de ce nom se doit de permettre la planification à long terme des différents événements régissant la vie des hommes, que ce soit dans le domaine agricole, social ou religieux. Sachant que ces événements sont généralement liés aux saisons, un calendrier qui n’est pas rattaché aux saisons est tout bonnement inutilisable. Tous les calendriers qui ont jusque-là été utilisés par les hommes étaient tous rattachés aux saisons, que ce soit le calendrier des Anciens Arabes, des Israélites, des Romains, des Egyptiens, des Babyloniens, des Mésopotamiens, ou le calendrier julien, et après lui, le calendrier grégorien qu’on utilise aujourd’hui. Mais ce n’est pas le cas du calendrier islamique lunaire pur hégirien, qui lui ne repose que sur le cycle de la lune, sans aucun lien avec le cycle du soleil, ce qui fait qu’il n’est pas utilisable dans la vie de tous les jours et explique pourquoi les Musulmans ne l’utilisent que pour déterminer les dates de leurs événements religieux.

En conséquence, le calendrier islamique fondé sur l’observation de la nouvelle lune n’est utilisé dans les sociétés musulmanes contemporaines que pour déterminer les dates associées à des célébrations religieuses. Pour tous leurs autres besoins, les musulmans du monde entier utilisent, depuis environ deux siècles, des calendriers solaires : le calendrier grégorien ou le calendrier persan, fondés sur des calculs astronomiques.

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_h%C3%A9girien

La suppression du mois intercalaire par les Musulmans est donc une aberration, car tout calendrier, qu’il soit luni-solaire ou basé sur le calcul astronomique, a nécessairement besoin de l’ajout régulier de mois ou de jours intercalaires, pour demeurer synchronisé avec les saisons. Comme on a pu le voir, pour les calendriers luni-solaires, il faut ajouter 7 mois intercalaires sur une période de 19 ans, ce qu’on appelle le cycle métonique, tandis que pour le calendrier grégorien, qui lui est un calendrier solaire basé sur le calcul astronomique, il faut ajouter un jour intercalaire tous les 4 ans, dans les années bissextiles.

LES CALENDRIERS JULIEN ET GRÉGORIEN

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Étudions en détail les calendriers julien et grégorien, pour comprendre la nécessite absolue pour tout calendrier digne de ce nom, d’ajouter régulièrement des périodes intercalaires pour rester synchronisé avec les saisons. Le calendrier julien, adopté par l’empereur romain Jules César en l’an 46 av. J.-C., est resté en vigueur dans le monde chrétien jusqu’au 15 octobre 1582, date à laquelle il a été remplacé par le calendrier grégorien. Le calendrier julien se fonde sur l’alignement des mois avec les saisons, de sorte que le 21 mars corresponde toujours à l’équinoxe de printemps, et que le début de l’année arrive 11 jours après le solstice d’hiver, ce qui correspond à une durée d’année de 365,2422 jours. Pour avoir un nombre entier de jours, on considère que l’année dure 365 jours, et tous les 4 ans, on ajoute un jour intercalaire, le 29 février, pour compenser cet écart de 0,2422 jours. Il demeure cependant encore un petit écart entre 365,25 jours, qui est la durée moyenne d’une année dans le calendrier julien, et 365,2422 jours, qui est la durée réelle d’une année tropique, qui correspond au temps que met la terre pour revenir à la même configuration par rapport au soleil. Cet écart correspond à une durée de 11 minutes en moyenne chaque année, ce qui s’accumule à 1 jour tous les 130 ans. Au fil des siècles, cet écart avait atteint 10 jours en 1582, de ce fait, l’équinoxe du printemps de l’année 1582 s’était produit le 11 mars au lieu du 21 mars, comme cela aurait dû normalement être le cas.

Pour rattraper ce retard, le pape Grégoire XIII décida que le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 sera le vendredi 15 octobre 1582, et fit quelques ajustements au calendrier julien, pour que cette erreur ne se reproduise plus, ce qui donna naissance au calendrier grégorien, qui est en vigueur aujourd’hui partout dans le monde. Ce calendrier maintient les années bissextiles pour toutes les années multiples de 4 (2004, 2008, 2012…), y compris les années multiples de 400 (1600, 2000, 2400…), par contre, les années séculaires multiples de 100 (mais pas de 400 comme 1700, 1800, 1900, 2100, 2200…) ne sont plus des années bissextiles. Avec ces ajustements, la durée moyenne d’une année grégorienne est de 365,2425 jours, ce qui est très proche de l’année tropique, dont la durée est de 365,2422 jours. L’année grégorienne est environ 27 secondes plus longue que l’année tropique, et on doit donc retirer 1 jour au calendrier tous les 3’223 ans, ce qui reste un écart minime.

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Le 15 Octobre 1582, le Pape Grégoire XIII décida de basculer du calendrier julien vers le calendrier grégorien dans tout le monde chrétien. Le monde musulman aurait également dû s’inspirer de cette décision de bon sens, en adoptant un calendrier digne de ce nom, c’est à dire conforme à l’alignement des astres et permettant d’organiser la vie sociale et religieuse de ses populations, mais cela fait bien longtemps que le monde musulman vit en décalage avec le reste du monde, d’où leur retard important dans tous les domaines.

Quel que soit le type de calendrier, on voit donc que l’ajout de mois ou de jours intercalaires est indispensable, autrement le calendrier ne pourrait plus remplir sa fonction de calendrier, qui est de planifier longtemps à l’avance les phénomènes naturels périodiques et les événements sociaux et religieux relatifs à la vie des hommes. Supprimer le mois intercalaire de leur calendrier est donc une aberration totale, et les Musulmans sont aujourd’hui les seuls au monde à utiliser un calendrier lunaire pur pour leurs rites religieux. Non seulement les Musulmans ne peuvent pas se servir de leur calendrier dans leur vie quotidienne, étant obligé d’utiliser le calendrier grégorien à la place, mais ils n’obéissent pas à la prescription de Dieu, en observant le jeûne du mois de Ramadan et le Hajj à des périodes inappropriées, ce qui rend leur pratique aussi pénible qu’inefficace.

LE CORAN CONDAMNE LE NASSI, ET NON PAS LE MOIS INTERCALAIRE!

Les Musulmans justifient la suppression du mois intercalaire, et donc l’adoption du calendrier lunaire pur hégirien, sur la base de 2 versets du Coran, dont voici le premier :

Le Nassi constitue un surcroît d’impiété par lequel s’égarent ceux qui ont mécru : ils le déclarent profane une année, et sacré une autre année, pour arriver au même nombre de mois que Dieu a déclarés sacrés, rendant ainsi profane ce que Dieu a déclaré sacré. Le mal de leurs actes leur a été enjolivé. Et Dieu ne guide pas les gens mécréants ! S9:V37

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Le Nassi ( ٱلنَّسِىٓءُ) est généralement traduit par les Musulmans par le mois de “l’oubli“, pour signifier que le 13ème mois intercalaire était un mois fictif, qui ne servait qu’à ajuster le calendrier et qu’il fallait donc oublier. Or, ce terme ne vient pas de la langue Arabe, mais a été emprunté à l’Hébreux et signifie “prince“, titre donné au dirigeant du Sanhédrin, à qui appartenait la décision de l’ajout du mois intercalaire chez les Juifs. Donc, Nassi ne signifie pas du tout que c’est un mois qu’on doit oublier, comme l’interprètent opportunément les Musulmans, au point qu’ils l’ont carrément supprimé de leur calendrier, mais ce terme fait plutôt référence à l’entité qui est en charge de l’ajout de ce mois, en l’occurrence, la tribu des Banou Kinanah pour les Anciens Arabes. Ce que ce verset condamne, ce n’est donc pas le mois intercalaire en lui-même, mais plutôt le Nassi à proprement parler, que les Anciens Arabes ajoutaient comme bon leur semblait. Quand les Juifs et les Babyloniens ajoutaient leur mois intercalaire quand cela s’imposait vraiment et selon des règles bien précises, les Anciens Arabes, quant à eux, s’en servaient pour modifier la période du Hajj en fonction de leurs intérêts économiques et pour imposer ou lever la trêve militaire, sachant que la guerre était interdite durant les mois sacrés. En choisissant d’introduire le mois du Nassi n’importe quand dans l’année et en le déclarant profane ou sacré selon leur bon vouloir, ils pouvaient ainsi rendre sacré ou profane n’importe quel mois de l’année, et c’est en cela que résidait le “surcroît d’impiété” dont parle ce verset.

Dans le calendrier luni-solaire des Anciens Arabes, une année classique dure 12 mois et l’ajout du mois intercalaire ne contredit en rien ce fait. L’interprétation des Musulmans du 2ème verset ci-dessous, sur lequel ils se basent pour justifier la suppression du mois intercalaire, n’est donc pas la bonne.

Le nombre de mois auprès de Dieu est de douze, selon la prescription de Dieu, le jour où Il créa les cieux et la terre. Parmi eux, quatre sont sacrés. Telle est la religion droite. N’y commettez pas d’injustices envers vous-mêmes, et combattez les idolâtres sans exception, comme eux vous combattent sans exception. Et sachez que Dieu est avec les pieux. S9:V36

La décision de supprimer le mois intercalaire n’a pas été prise par le prophète Muhammad, et même les Musulmans s’accordent sur le fait que sa suppression n’est devenue effective que bien après sa mort, ce qui tend à confirmer que cette décision n’a en réalité jamais été prise par lui.

LE VRAI CALENDRIER SELON LE CORAN EST LUNI-SOLAIRE

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Selon les croyances islamiques, ce serait le prophète Muhammad lui-même qui aurait ordonné la suppression du mois intercalaire, en l’an 9 de l’hégire, suite à la révélation du verset qu’on vient de voir.

Création du calendrier islamique

Se différenciant de la pratique juive, le Coran interdit expressément le mois intercalaire.

Le mois intercalaire aurait été supprimé en fin de période médinoise, à la fin de l’an 9 du calendrier islamique, lors d’une proclamation publique durant le pèlerinage, et est mentionné une fois dans le Coran:

« Le nombre des mois est de douze devant Dieu, tel il est dans le livre de Dieu, depuis le jour où il créa les cieux et la terre. Quatre de ces mois sont sacrés ; c’est la croyance constante. »

L’an Ier de ce calendrier a débuté le premier jour de l’hégire, le 1er mouharram (le 15 ou le  ap. J.-C., selon les auteurs théologiens). La première époque est dite « astronomique », la seconde « civile ». Ce calendrier a été adopté dix ans après cet évènement.

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_h%C3%A9girien

Mais cela ne peut pas être vrai, car le terme “Ramadan” n’est pas un nom propre, mais désigne une saison bien précise, qui correspond à la fin de l’été et au début des pluies précédant l’automne.

رمضي: ما كان في آخر الصيف وأوَّلِ الخريف 

Ramadhyou: ce qui est à la fin de l’été et au début de l’automne

الرَّمَضُ : المَطَر يأتي قُبُلَ الخريف

Al-Ramadhou: pluie précédant l’automne

https://www.almaany.com

Donc, le mois de Ramadan ne peut en aucun cas tomber durant une saison qui ne correspond pas à la définition son nom, comme c’est le cas avec le calendrier islamique lunaire pur hégirien, car cela voudrait dire que le Coran, qui mentionne explicitement le mois de Ramadan, utiliserait un terme inapproprié. Or, le faux ne peux pas pénétrer dans le Coran, ni dans le futur ni dans le passé.

Le faux ne peut y pénétrer, ni dans le futur ni dans le passé. Une révélation de la part du Plus Sage, Digne de louanges. S41:V42 

En réalité, le verset du Coran qui mentionne qu’une année compte 12 mois, n’est en aucun cas une injonction divine de supprimer le mois intercalaire, mais ne fait que nous informer d’une réalité astronomique, qui est que l’année se divise en 12 périodes distinctes de temps, correspondant aux 12 constellations que le soleil et les planètes traversent au cours de l’année.

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Chaque mois correspond à une constellation qui est traversée par le soleil et les planètes, et celles-ci sont au nombre de 12.

Aussi, le fait que la durée d’une année tropique est de 365,2422 jours et que la durée moyenne d’une lunaison est de 29,53 jours, implique qu’il y a en moyenne 12,36827 lunaisons par année tropique. Une année tropique compte donc 12 lunaisons révolues, qui correspondent aux 12 mois par an dont il est question dans ce verset. Le mois intercalaire, quant à lui, ne sert qu’à rattraper le retard de 0.36827 lunaison qui s’accumule au fil des ans, et dès lors que ce retard dépasse 1 mois, il faut nécessairement ajouter un mois intercalaire pour le combler. Quel que soit le calendrier, on est bien obligé de recourir à l’ajout de jours ou de mois intercalaires, car le rapport entre le cycle du soleil et celui de la lune n’est pas un nombre entier, or on mesure le temps qu’avec des nombres entiers. On doit donc compenser les fractions manquantes, en ajoutant un jour ou un mois, en fonction du type de calendrier, quand l’écart cumulé devient trop important.

Les phénomènes astronomiques présentés plus haut étant indépendants, les unités qu’ils définissent ne sont pas commensurables : leur rapport n’est pas un nombre entier.

À notre époque, une année vaut 365,242201 jours ; la durée moyenne d’une lunaison est de 29 jours 12 heures 44 minutes et 2,8 secondes (29,53 jours) ; une année solaire comporte 12,36827 lunaisons.

Face à cette difficulté, les peuples ont choisi soit de laisser le calendrier se désynchroniser (choix du calendrier hégirien) soit de le recaler empiriquement sur les phénomènes célestes (calendriers luni-solaires et solaires), quitte à perdre la continuité des jours. On dit alors qu’un calendrier est plutôt arithmétique ou plutôt astronomique.

source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier
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Une lunaison correspond au temps que met la lune pour retrouver la même position par rapport au soleil.

Le calendrier islamique lunaire pur hégirien ne peut en aucun avoir été prescrit par Dieu, car le Coran dit clairement que le soleil et la lune sont tous deux indispensables pour mesurer le temps, or le calendrier islamique n’utilise que la lune.

Fendeur de l’aube, Il a fait de la nuit une phase de repos, le soleil et la lune, un moyen de mesurer le temps. Tel est l’ordre naturel des choses, tel que l’a décrété le Tout-Puissant, l’Omniscient. S6:V96

L’homme ne sait pas fabriquer d’horloge perpétuelle, car toute horloge finit forcément par se dérégler avec le temps, c’est pourquoi Dieu a assigné au soleil et à la lune une révolution perpétuelle, de sorte qu’ils servent d’horloge cosmique, permettant à l’homme de mesurer le temps de façon simple et précise.

Et pour vous, Il a assujetti le soleil et la lune à une perpétuelle révolution. Et Il vous a assujetti la nuit et le jour. S14:V33

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Ce n’est pas pour rien que le soleil et la lune sont souvent associés aux horloges, mais c’est bien parce que tous deux sont indispensables pour mesurer le temps.

Le soleil et la lune remplissent chacun un rôle différent : la lune, avec ses phases, permet de savoir où on en est dans le mois en cours et de diviser l’année en mois, tandis que le soleil permet de garder le calendrier synchronisé avec les saisons.

Et ils t’interrogent sur les phases de lune. Dis : « Elles servent à indiquer le temps pour les hommes, et aussi pour le Hajj. »  […]  S2:V189

La vitesse et le mouvement du soleil et de lune ont été minutieusement déterminés par Dieu, ce qui montre qu’il y a un juste moment pour chaque événement. Faire le jeûne du Ramadan et le Hajj à n’importe quelle période de l’année, comme cela est le cas avec le calendrier islamique lunaire pur hégirien, n’est donc pas comme de les faire au moment déterminé par Dieu. C’est là quelque chose qui est lourd de conséquences pour les Musulmans, excepté que dans leur égarement, ils ne le réalisent pas.

Le soleil et la lune évoluent selon un calcul minutieux. S55:V5

Ni le soleil ne peut rattraper la lune, ni la lune ne peut rattraper le soleil, étant donné que chacun d’eux vogue sur sa propre orbite, à l’image de deux coureurs qui courent chacun sur une piste différente : aucun des deux ne pourra jamais rattraper l’autre.

Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour; et chacun d’eux vogue sur sa propre orbite. S36:V40

Le soleil et la lune sont liés, comme les deux aiguilles d’une montre le sont, cependant, c’est le soleil qui détermine le mouvement général des autres astres, et non pas l’inverse, ce qui signifie que le mouvement de la lune est déterminé par celui du soleil.

Par le soleil et par sa clarté! Et par la lune quand elle le suit ! S91:V1-2

C’est bien le soleil qui détermine les saisons, et non pas la lune, c’est pourquoi le cycle de la lune doit se conformer au cycle du soleil, à travers l’ajout régulier de mois intercalaires.

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À la fois le soleil et la lune sont tous deux nécessaires pour mesurer le temps, d’où la nécessité absolue d’avoir un calendrier luni-solaire. Contrairement aux Musulmans, les Juifs ont maintenu jusqu’à ce jour le mois intercalaire dans leur calendrier, ce qui leur permet d’accomplir leurs célébrations religieuses aux bonnes dates fixées par Dieu.

Pour produire tous leurs pleins bénéfices et pour se conformer à la prescription divine, le jeûne du mois de Ramadan et les 4 mois sacrés du Hajj doivent obligatoirement s’effectuer selon le calendrier luni-solaire des Anciens Arabes, au moment où le Coran a été révélé, et non pas selon le calendrier islamique lunaire pur hégirien, qui lui n’est apparu que bien après. La seule correction apportée par le Coran au sujet du calendrier des Anciens Arabes a été de dire que l’ajout du mois intercalaire devait se faire de façon justifiée, dans le but de corriger le décalage avec les saisons, et non pas de façon arbitraire, dans le but d’influer sur les trêves ou sur la période du Hajj.

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Le cycle métonique consiste à ajouter 7 mois intercalaires sur une période de 19 ans, ce qui revient à ajouter un mois intercalaire tous les 32 mois.

Voici le calendrier luni-solaire calculé depuis l’époque du prophète Muhammad, avant la suppression du mois intercalaire, jusqu’à aujourd’hui, et c’est donc sur ce calendrier que les croyants doivent se baser pour fixer la période du Hajj et du mois de Ramadan.

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En vert le mois du Ramadan selon le calendrier luni-solaire tel que prescrit par le Coran, en jaune les mois intercalaires pour maintenir le calendrier synchronisé avec les saisons.

Comme vous pouvez le constater, le mois de Ramadan intervient toujours à peu près à la même période de l’année, à savoir juste après l’été et au début de l’automne, quand les températures sont douces et que la durée du jour est équilibrée un peu partout sur terre, ce qui représente la période idéale pour jeûner.

LES MANUSCRITS DE QUMRAN CONFIRMENT LE CALENDRIER LUNI-SOLAIRE

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Les manuscrits de Qumran ont été retrouvés près des ruines de Qumran, entre 1947 et 1956, dans 11 grottes différentes. Au total, 870 manuscrits ont été reconstitués à partir de plusieurs dizaines de milliers de fragments. La plupart ont été écrits sur parchemin et une centaine sur papyrus. Un peu moins de 15 % sont écrits en Araméen, la langue courante du pays depuis l’occupation Perse, mais l’immense majorité est en Hébreu, la langue littéraire et doctrinale que l’on disait « sainte », dans laquelle la Torah originale a été rédigée.

Les Manuscrits de Qumran ou Manuscrits de la Mer Morte sont considérés comme la plus grande découverte archéologique du siècle et contiennent les plus anciens textes en Hébreux qu’on ait jusque-là retrouvés de l’Ancien Testament. Parmi les fragments reconstitués, se trouve un extrait du Livre de la Genèse, dans lequel il est clairement exprimé qu’une année selon Dieu correspond à l’année tropique, à savoir 365 jours (à l’époque l’estimation était de 364 jours), et non pas à l’année lunaire, dont la durée n’est que de 354 jours. Cela montre que le calendrier selon Dieu n’a jamais changé depuis le début des temps, et consiste à se servir à la fois du soleil et de la lune pour mesurer le temps.

Au cours de la six cents unième année de la vie de Noé, le dix-septième jour du second mois, un dimanche, la terre fut sèche. Ce jour-là, Noé sortit de l’arche, juste au terme d’une année, soit après trois cent soixante-quatre jours […] jour pour jour, après une année complète

Source: Manuscrits de Qumran, REF 4Q252 Frag. 1 Col. 2

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Les 11 grottes de Qumran se situent dans le désert Cisjordanien

LE PROPHÈTE MUHAMMAD N’A JAMAIS SUPPRIMÉ LE MOIS INTERCALAIRE

Une étude récente menée par l’islamologue, Wissem-Eddine Ishak, et dont les résultats ont été publiés en 2018 dans un ouvrage intitulé, “Le livre de l’innocence du mois intercalaire” (كتاب براءة النسيء), a présenté plusieurs preuves historiques montrant de façon formelle que le prophète Muhammad n’a jamais été à l’origine de l’abolition du mois intercalaire. L’une des preuves les plus incontestables apparaît quand on compare les dates de la bataille de Badr et de la bataille de Yarmouk, à la fois selon les calendriers hégirien et julien, alors en vigueur à cette époque.

Note : il ne faut pas confondre le calendrier hégirien, qui est le calendrier luni-solaire des Anciens Arabes, avec mois intercalaire, mais dont l’année zéro a été fixée à l’hégire, à savoir à la date de la migration du prophète Muhammad à Médine, avec le calendrier islamique lunaire pur hégirien, sans mois intercalaire, qui lui n’a été instauré que bien après la mort du prophète.

LA BATAILLE DE BADR

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La bataille de Badr, enluminure du Siyar-I Nabi, vers 1595. Musée impérial de Topkapi d’Istanbul.

Selon les sources officielles musulmanes, la bataille de Badr aurait eu lieu le 17 Ramadan de l’an 2 AH, donc bien avant l’abolition présumée du mois intercalaire. Ces mêmes sources retracent cette date au 13 mars 624 du calendrier julien, mais cela ne peut pas être la bonne date, pour au moins trois raisons :

  1. Avant l’abolition du mois intercalaire, les mois du calendrier hégirien étaient encore synchronisés avec les saisons. Le mois de Ramadan était donc censé tomber aux alentours de septembre/octobre, donc la date du 13 mars ne peut pas être bonne.
  2. Les historiens musulmans n’ont pas tenu compte du mois intercalaire dans leurs calculs pour aboutir à cette date. Or, en l’an 2 AH, le mois intercalaire n’avait pas encore été supprimé du calendrier, mais l’a été au minimum 7 ans plus tard, en l’an 9 AH, ou plus tard encore, sous le règne d’Omar, selon d’autres sources musulmanes.
  3. Cette estimation ne tient pas compte du passage du calendrier julien vers le calendrier grégorien, où on est passé du 4 octobre 1582 au 15 octobre 1582 du jour au lendemain, ce qui représente un écart de 10 jours supplémentaires dont il faut aussi tenir compte dans les calculs.

En tenant compte des remarques ci-dessus et en utilisant une base de données disponible à la NASA sur les cycles lunaires depuis l’an 2000 av. J.-C., Wissem-Eddine Ishak a estimé que la date du 17 Ramadan 2 AH correspondrait plutôt au 16 octobre 623 du calendrier julien.

La page Wikipédia en anglais relative à la bataille de Badr a gardé l’ancienne date erronée du 13 mars 624, alors que celle en français a repris la nouvelle date corrigée, à savoir le 16 octobre 623.

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Cette différence de date nous illustre le flou qui existe autour de la suppression du mois intercalaire du calendrier hégirien. Etant donné que le prophète Muhammad n’a jamais réellement ordonné sa suppression, les historiens musulmans ont donc dû trouver une parade pour l’affirmer malgré tout, en disant que cette suppression a eu lieu du vivant prophète, en l’an 9 de l’hégire, mais n’a été officialisée que durant le règne du calife Omar. C’est évidemment là un mensonge inventé par les Musulmans, car si le prophète avait réellement donné cet ordre, c’est immédiatement qu’il aurait été exécuté, sachant que l’ordre vient directement de Dieu.

Avec la date corrigée de la bataille de Badr, le 16 octobre 623, le mois de Ramadan commencerait aux alentours du 30 septembre 623, ce qui correspond à la bonne période de l’année et nous indique que c’est plutôt cette date qu’on doit retenir pour cette bataille.

Depuis la toute première version que j’ai publiée de cet article, il y a maintenant de cela quelques années, la date de la bataille de Badr a été modifiée dans la page Wikipédia en français, et les Musulmans sont revenus à l’ancienne date erronée du 13 mars 623, pour avoir la même date partout. Les Musulmans préfèrent retenir une date, dont ils savent pertinemment qu’elle est fausse, pour se conformer à la version officielle, plutôt que de reconnaître la vérité. Car, tous les Musulmans sont d’accord sur le fait qu’en l’an 2 AH, le calendrier hégirien suivait encore les saisons, et pourtant cela ne les gêne pas du tout de placer le mois de Ramadan en plein mois de mars. Cela montre que ce n’est pas la vérité et la voie de Dieu qui les intéressent, mais seulement de perpétuer la voie de leurs ancêtres et de maintenir la cohésion de leur communauté.

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Comme vous pouvez le constater, la date a été changée entre-temps, ce qui signifie que les instances musulmanes sont conscientes de leurs incohérences et cherchent à cacher la vérité, quitte à affirmer des choses qui sont clairement fausses.

LA BATAILLE DE YARMOUK

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Illustration de la bataille de Yarmouk par un illustrateur Catalan anonyme (c. 1310–1325).

La bataille de Yarmouk est l’une des batailles majeures du début de l’ère islamique et marque la première grande vague des conquêtes musulmanes. Elle a été menée au début du règne du 2ème calife, Omar, contre les armées de l’Empire Romain d’Orient, et a mis fin à la domination Byzantine en Syrie. La particularité de cette bataille est que sa date est rapportée à la fois par des sources musulmanes et byzantines (syriaques). Les historiens datent son début au 5 Rajab de l’an 15 AH, soit environ 13 ans après la bataille de Badr et 6 ans après l’abolition présumée du mois intercalaire par le prophète Muhammad (en l’an 9 AH). Les sources byzantino-syriaques situent le début de cette bataille au 15 août 636 du calendrier julien, ce qui signifie que le mois de Ramadan de la même année commencerait approximativement aux alentours du 9 octobre 636. En effet, entre le 5 Rajab et le 1 Ramadan, il y a environ 55 jours, si on considère que Rajab et Shabân font chacun 30 jours, et si on ajoute 55 jours au 15 août, on arrive à la date du 9 octobre.

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Vallée de Yarmouk. Les auteurs de cet article se composent d’historiens indépendants engagés dans le renouveau de l’Histoire, et qui se sont intéressés à un grand nombre de périodes de l’Histoire, et ont notamment suivi des études approfondies sur le monde musulman.

La date du 9 octobre pour le début du mois de Ramadan nous indique donc qu’en l’an 15 AH, soit 6 ans après la présumé suppression du mois intercalaire par le prophète Muhammad, celui-ci était encore en vigueur, étant donné que le mois de Ramadan intervient à la bonne période de l’année. Si comme certains Musulmans l’affirment, le mois intercalaire avait été supprimé dès l’an 9 AH, alors le mois de Ramadan de l’an 15 AH tomberait approximativement en août, et non pas en octobre comme cela a été documenté par les Byzantins.

Cela nous montre donc de façon incontestable que le prophète Muhammad n’a jamais supprimé le mois intercalaire de son vivant, maintenant qu’on a la preuve formelle, qu’en l’an 15 AH, soit 4 ans après la mort du prophète, le mois intercalaire était toujours en vigueur. On ne peut pas non plus croire à l’explication selon laquelle cette interdiction n’est devenue effective que sous le règne du calife Omar, sachant que les ordres du prophète, et donc de Dieu, doivent être exécutés immédiatement.

Tous les indices montrent que cette suppression a en réalité eu lieu, non pas sous le règne d’Omar, mais du 5ème calife, Mouawiya, qui dans sa volonté de fonder un empire islamique semblable aux autres grands empires, a voulu créer son propre calendrier, en supprimant le mois intercalaire. Bien d’autres nouveautés avaient été introduites sous son règne, du fait qu’il avait autorisé l’usage des hadiths, jusque-là proscrit, et avait commandité la fabrication d’un grand nombre d’entre eux, pour mieux contrôler la vie des gens et pour faire de l’Islam une religion d’état. Et parmi ces nouveautés, on retrouve aussi le passage de la durée du Hajj, de 4 mois à seulement 10 jours et la fin de la trêve militaire durant les mois sacrés.

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Calife Omeyyade Walid 1er

Dans les invocations d’Ali Zaynn Al-Abidin, surnommé Assajjâd (le prosterné), et petit-fils du 4ème calife dit “bien-guidé”, Ali, cousin et gendre du prophète Muhammad, nous pouvons lire ce qui suit dans la 45ème invocation des Cantiques de Sajjâd (الصحيفة السجدية), intitulé “en faisant ses adieux avec le mois de Ramadan“:

Ô Dieu ! Nous sommes les gens de ce mois, par lequel Tu nous as honoré, et par ta grâce, Tu nous y a guidés, alors que les misérables ont ignoré sa date, et dans leur misère, ont interdit ses bénédictions. Tu es Celui à qui on doit de le connaître, et Tu nous a guidé à sa bonne pratique, et par Ta grâce nous l’avons jeûné et observé, mais avec des manques et des négligences. Et de beaucoup, nous avons accompli si peu !

اللهم إنا اهل هذا الشهر الذي شرفتنا به ، و وفقتنا بمنك له حين جهل الاشقياء وقته ، و حرموا لشقائهم فضله .أنت ولي ما اثرتنا به من معرفته ، و هديتنا له من سنته ، و قد تولينا بتوفيقك صيامه و قيامه علي تقصير ، و ادينا فيه قليلا من كثير 

Dans cette invocation, l’Imam Ali Zaynn Al-Abidin, seul survivant des enfants de Hussein Ibn Ali après la bataille de Karbala, blâme les misérables qui avaient ignoré la véritable date du mois de Ramadan. Ces “misérables” auxquels Assajjâd fait allusion, désignent les califes omeyyades, qui avaient supprimé le mois intercalaire, en introduisant le calendrier lunaire pur hégirien, décalant ainsi la vraie date des différents rites prescrits par Dieu, comme le Hajj et le jeûne du mois de Ramadan. Ce décalage par rapport au vrai calendrier de Dieu, traduit le décalage des Musulmans dans leur ensemble par rapport à la vraie voie de Dieu, sachant que dès le calife Mouawiya, les Musulmans avaient déjà commencé à s’éloigner des préceptes de Dieu, ce qui explique pourquoi Dieu les a laissés s’égarer.

CONCLUSION

Dieu a instauré le vrai calendrier et a prescrit un temps pour chaque chose, et altérer les règles de Dieu a forcément des conséquences désastreuses que l’on peut voir aujourd’hui sur les Musulmans. Le fait que le Ramadan puisse tomber à n’importe quelle période de l’année, rend sa pratique très difficile, notamment quand il tombe en plein été, quand la chaleur est suffocante et que les journées sont extrêmement longues. De plus, cela perturbe le déroulement des vacances estivales, qui ne sont clairement pas faites pour jeûner, mais pour se reposer. À contrario, quand il tombe en plein hiver, il n’y a aucun intérêt à jeûner, sachant que les journées sont extrêmement courtes. C’est à la rentrée scolaire que Dieu a prescrit le jeûne, car c’est là que commence véritablement l’année, quand le repos estival est terminé et que les gens sont de retour chez eux. Pour ce qui est du Hajj, le fait qu’il puisse tomber à n’importe quelle période de l’année et ne dure plus que 10 jours, au lieu des 4 mois initialement prévu par Dieu, rend sa pratique insupportable lorsqu’il intervient en plein été, et tous les ans, il y a des milliers de morts, à cause de la chaleur et de la forte affluence, sans compter son prix exorbitant. Le calendrier islamique lunaire pur hégirien illustre donc tout le décalage entre la pratique islamique et celle du Coran, mais cela ne semble nullement perturber les Musulmans, car cela fait bien longtemps qu’ils n’accordent plus aucune importance à la vérité, mais que tout ce qui compte pour eux, c’est de perpétuer les croyances de leurs ancêtres et de se maintenir coûte que coûte dans leur communauté.